On ne nous fera pas taire !
Samedi 10 décembre 2011, 10h.
Rendez-vous était donné aux militants de l’ADDICC et de MVNC, les deux associations qui luttent contre l’implantation de 7 éoliennes sur les hauteurs de Crosville-sur-Scie. A cet égard, il faut souligner l’unité d’action bénéfique des deux structures poursuivant le même but.
Un comité d’accueil nous attendait devant la mairie de Crosville. Fichtre toute la brigade de gendarmerie au complet, parole ! au moins 7 gendarmes pour nous empêcher de manifester !
Comme s’il n’y avait pas pire menace ce matin-là dans notre coin si paisible d’ordinaire. Les dangereux agitateurs de la vallée de la Scie, les allergiques aux éoliennes, les citoyens qui réfléchissent et se défendent, constituent à n’en point douter une menace ; il convient de les faire taire, en vue d’imposer de force le projet du « complexe-électroéolien » englobant la multinationale promoteur, les élus intéressés et l’appareil d’Etat prétendant lutter contre le réchauffement climatique… Donc les gendarmes avaient en main un arrêté préfectoral interdisant notre manifestation pacifique consistant à distribuer des tracts aux automobilistes empruntant l’artère principale de la commune. Ce qui nécessitait à l’évidence de faire ralentir les autos. On appelle ça un barrage filtrant et non bloquant, on voit ça communément à l’entrée de Dieppe, souvent à la télé également, c’est une modalité courante utilisée par les travailleurs en lutte ou les agriculteurs. Mais en ce jour de décembre 2011, ce samedi matin, à 10h, à Crosville-sur-Scie, le préfet ignorant notre droit constitutionnel à manifester, n’a rien trouvé de plus urgent que de nous envoyer les gendarmes alors que nous ne troublions ni la sécurité, ni l’ordre public. La maréchaussée a été claire : « Vous bloquez, on vous coffre ! »
Pain bénit
Attachés à la non-violence, nous nous sommes contentés d’exprimer nos revendications depuis les trottoirs ou ce qui en tient lieu. En déployant nos banderoles, en scandant nos slogans… mais ce que n’a pas pu empêcher l’offensive préfectorale, c’est le filmage de notre manif par une équipe
de télévision allemande d’ARTE traitant un sujet sur l’éolien et les oppositions citoyennes qu’il engendre. Ayant été alertée pour la circonstance, l’équipe de télévision a été gâtée. Le spectacle du déploiement de force pour contrecarrer l’action d’une vingtaine d’opposants et de l’agressivité de certains élus partisans acharnés de l’éolien fut parfait. En effet, par extraordinaire, le maire de Crosville et quelques autres membres de la municipalité qui veulent imposer à tout crin les 7 éoliennes sur le territoire communal, sont venus accrocher durant la manif les maigres décorations électriques aux candélabres pour « faire Noël » dans la commune. Cette intervention inopinée, sous les cris et les slogans et surtout, sous l’œil de la caméra et de l’équipe de télévision, en terme d’images, fut du pain bénit. S’agissait-il d’une provocation de la part des partisans des « machines à vent » ? En tout cas, la rencontre fut – disons – électrique : on fut gratifié d’un bras d’honneur, le maire a tenté de saisir la caméra du cadreur allemand qui filmait la manif, geste auquel nous nous sommes opposés physiquement, durant l’algarade (filmée) les gendarmes commençaient à devenir nerveux… En résumé et malgré tout, une belle manif qui aura du retentissement.
Climat
Les oppositions deviennent de plus en plus irréductibles. Conséquence : l’ambiance devient détestable dans le village, dans les communes voisines, dans la vallée. A qui la faute ? Aux citoyens dont on bafoue les droits ? Ou aux personnes qui ont des intérêts divers et variés dans ce projet ? Aux avis raisonnables et argumentés des citoyens ? Ou aux procédures biaisées de l’enquête publique ? Aux citoyens qui manifestent pacifiquement ? Ou au passage en force des pouvoirs publics au nom d’un intérêt général dévoyé ?
Le sujet d’ARTE sera diffusé courant juillet 2012. D’ici là, les recours contentieux seront déposés, la lutte est engagée, rien ne nous fera dévier de notre objectif :
Pas d’éoliennes sur les hauteurs de Crosville-sur-Scie.
A bon entendeur, salut !
En images :

